Emploi et compétitivité : ne restons pas les bras ballants
2012 s’ouvre sur des enjeux cruciaux pour notre avenir. Pour rebondir malgré la conjoncture, nous devons continuer à avancer entre gestion vertueuse et réformes structurelles. La décision de Standard & Poor’s de sanctionner la zone euro n’est pas une bonne nouvelle mais elle ne peut remettre en cause notre détermination à agir et à obtenir des résultats positifs – comme tout récemment la révision à la baisse de 4 milliards de notre déficit budgétaire pour 2011.
Attendre sans bouger jusqu’à l’élection présidentielle ne serait satisfaisant pour personne. 100 jours restent 100 jours, qu’ils soient les derniers ou les premiers du quinquennat. Personne n’attend des responsables politiques qu’ils arrêtent de décider parce que nous entrons dans une année électorale !
A l’occasion de ses vœux aux Français, le Président de la République a fixé une priorité : asseoir les fondements d’une économie compétitive. Le cap est donné mais tout reste à faire. Le sommet du 18 janvier constitue à cet égard une étape décisive : il y a un temps pour la démocratie sociale et un temps pour la démocratie politique. A l’issue de la consultation des partenaires sociaux, nous évoluerons du constat vers la décision. Le sommet social mettra donc chacun devant ses responsabilités.
Le diagnostic est très simple.
- Le financement de la protection sociale pèse trop lourd sur le coût du travail. Il n’est pas normal que 25 millions de travailleurs financent à 80 % la protection sociale de 64 millions de Français. Pour 100 euros de salaire brut, les charges sont de 39 euros en Allemagne et de 50 euros en France. La protection sociale a une vocation universelle, elle bénéficie à tous, travailleurs comme inactifs ; il faut rééquilibrer son financement et donner de l’air à nos entreprises.
- La conjoncture exige de la souplesse et de la réactivité de la part des entreprises. Elles doivent pouvoir profiter des embellies et rester à flots au moment des rechutes. Cela signifie plus de souplesse entre temps de travail, salaires et emplois pour permettre aux entreprises de s’adapter tour à tour à la baisse et à la hausse de leurs carnets de commande. Le contenu de ces « accords de compétitivité » sera à l’ordre du jour du sommet social.
- La menace du chômage impose de nouveaux réflexes. En plus du recours au chômage partiel, du soutien aux chômeurs de longue durée ou de la mise en place du contrat de sécurisation professionnel, l’accès à la formation doit être au cœur de l’accompagnement des chômeurs.
Les décisions
structurelles ne peuvent pas attendre. C’est en améliorant notre compétitivité
que nous sauverons des emplois et que nous pérenniserons notre modèle social.
Nous avons fait le pari de l’innovation avec la réforme des universités, le
grand emprunt et le crédit d’impôt recherche, nous n’avons pas lâché sur la
maîtrise de nos dépenses publiques. C’est
aujourd’hui plus que jamais la compétitivité de la France qui doit nous
rassembler.

















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